Écoles branchées — ou la peur du PC comme assistant PC

Conférence donnée lors d’un colloque du CTIE à Morat, les 19 et 20 mars 1999 !

Le titre du colloque : 

TIC-o-phobie, TIC-o-philie, TIC-o-folie

(La forme du féminin est considérée ici comme la forme générale. Prière à ces messieurs de bien vouloir s’en accommoder)

1 Le conte des maîtres d’antan

Un conte hante les gazettes et les débats parlementaires. Il parle des agissements de précepteurs paresseux, avides de privilèges et qui, dans les ténèbres de leurs salles de classes, serinent les disciples avec les rengaines d’un savoir périmé. Toute lueur d’un écran, tout cliquetis d’un clavier ou d’une souris les fait grincer des dents. Fort heureusement, les fées Microsoft et Macintosh ont pris position devant les murailles, assistées d’industriels bienfaisants qui sponsorisent des elixirs électroniques. Oh joie! elles lèvent leur baguette magique, la foudre du progrès traverse les antres de l’obscurantisme et fait fuir, comme l’aube les chauve-souris, la gent effrayée des maîtrillons, tandis que les enfants acclament les fées qui déversent sur leurs têtes bouclées la corne d’abondance des multimédias.

On voit se réanimer miraculeusement les PC et les Macs dont l’économie vient de se débarrasser, Bill Gates offre bénévolement son Explorer d’il y a un an et Netscape son Navigateur 2.0, le bon géant Swisscom arrive les mains remplies de comptes Internet, des gnomes totalement désintéressés crapahutent dans tous sens, chargés de CD de leur mouture, partout s’allument les projecteurs optimistes de la pub multimédiale, tandis que sous les doigts habiles des bambins l’anglais universel entre à flots dans les salles de classe.

Ils sont révolus, les temps où sous la férule de précepteurs faillibles d’infortunés bambins ressassaient en allemand, français, italien, voire en romanche un savoir rationné. Les voilà enfin branchés tous azimuts, prêts à communiquer en basic: “Hi!” Les prochains à être remplacés par des écran ultra-plats, des lunettes 3D et des gants tactiles pour caresses virtuelles seront les parents des susdits bambins. Des bio-puces remplaceront avantageusement leurs recettes éducatives obsolètes. Silicon Valley, nous promet-on, mijote les bricoles nécessaires. Seuls les yeux des vampires pédagogiques ne supportent pas la lumière des temps nouveaux. Dans les nuits sans lune on perçoit parfois leurs plaintes mélancoliques. Qu’importe? Il ne font que nous conforter dans nos choix.

Tel est, à quelques nuances près, le portrait que certains médias et politiciens brossent de nous. Si nous avons conservé un minimum de civisme, il n’y a plus qu’à enfiler notre haire et à nous inscrire à des cours où on nous expliquera enfin la différence entre un ordinateur et un lave-vaisselle. Las! notre indéracinable perversité nous empêchera de penser autrement qu’à notre tête, et je ne me priverai pas de ce plaisir en votre compagnie. Voyons donc ce qui reste du conte des maîtres d’antan si on l’examine à la lumière de la logique.

2 De l’utilité des craintes

A-t-on raison d’affirmer que le corps enseignant a peur des technologies nouvelles? De nombreuses conversations avec mes collègues me font penser que ce qui les agite, ce n’est pas la peur, dont on dit qu’elle est mauvaise conseillère, mais des craintes raisonnables qui concernent non pas tellement notre position sociale, nos salaires, nos heures de travail et les TIC en soi, mais avant tout un subit changement de valeurs. Rappelez-vous: hier encore, nous devions veiller à l’épanouissement physique et moral des enfants, les aider à développer leurs dons et à s’intégrer harmonieusement dans la société. Il fallait être pédagogue et animateur social, estomper les inégalités, trouver le juste milieu entre sévérité et bonté, entre défi et encouragement, mettre d’accord Piaget, Rousseau et Maria Montessori.

De quoi parle-t-on aujourd’hui? On parle budgets, mesures d’économie, place économique suisse, fournisseurs et acheteurs de services (entendez écoles et autorités), enveloppes budgétaires et indicateurs de performance, output, gestion des données, eurocompatibilité et globalisation, auto- et hétéroévaluation, accroissement de la productivité, gestion et contrôle de la qualité, concurrence et conquête des marchés. Et tel décideur d’ajouter: “Jetons par-dessus bord toutes les valeurs acquises. Notre survie dans un monde globalisé est à ce prix!” Les nouvelles technologies de l’information devraient dès lors accélérer l’évolution, mettre à l’heure les pendules, remplacer le flou pédagogique par une communication efficace, la réflexion par une pensée productive et les penseurs par des faiseurs.

Certes, les investissements éducatifs doivent à long terme être rentables pour l’État, qui sans cela ne rentrerait pas dans ses fonds et ne pourrait donc pas les renouveler. Nous devons, formatrices et formés, rendre à César ce qui est de César, cela fait partie de nos devoirs civiques. Dans la mesure ou elle est dispensée en situation de contact personnel par des formatrices rémunérées, l’instruction est un bien limité. Il convient de s’interroger si les nouvelles technologies ne permettraient pas dans certains cas une transmission moins coûteuse et par là une démocratisation du savoir.

Là où cela se gâte, c’est quand on sous-entend que ce qui est utile à l’économie est nécessairement salutaire pour l’individu, que les droits de l’homme sont un épiphénomène des droits économiques. Ce type de mythe est non seulement indémontrable, il est aussi dangereux, du fait qu’il peut facilement servir de prétexte au mépris des travailleurs. Pour les éducateurs le choix est clair: l’épanouissement des enfants et des jeunes a une priorité absolue, leur efficacité en tant que futurs acteurs économiques une fonction subsidiaire, dans la mesure où elle est importante pour eux-mêmes.

De toute façon, s’il nous est possible de faire éclore les dons des enfants, de les aider à développer un caractère stable, à s’intégrer dans la communauté et à acquérir des connaissances utiles, ils seront les bienvenus dans la vie économique. Nous devrons probablement être plus attentifs que jadis aux activités qui seront les leurs plus tard et veiller davantage à ce que l’école ne se sépare pas de la vie réelle. Mais nous pouvons tranquillement affirmer que l’important n’est pas de savoir si l’informatique à l’école sera utile à l’économie, mais s’il elle le sera aux élèves. Si d’aucuns inversent les priorités, laissons-les parler. Une bonne partie des décideurs et faiseurs d’opinion ne sont pas plus doués pour la profession d’éducateurs que nous le serions pour diriger Novartis ou l’UBS.

3 Qu’est-ce que l’information?

Un des sous-entendus du discours public sur l’Internet, c’est qu’il fait accéder les enfants à une information de meilleure qualité, plus actuelle et plus rapidement disponible que celle que leur dispensent les enseignantes. Le rôle de ceux-ci comme agents du savoir serait donc révolu. On les invite à abandonner leurs attitudes monopolistes et à se contenter de conseiller les enfants dans la gestion du savoir. Tout au plus pourront-elles se spécialiser dans la mise en page électronique, à condition d’acquérir les aptitudes nécessaires. Il n’est pas jusqu’à certaines publications pédagogiques qui ne diffusent de pareilles inepties.

En réalité, ce que nous téléchargeons de l’Internet n’est pas de l’information, mais un simple amas de données. N’est information que ce qui est compris, pour user d’une formule de Karl Friedrich von Weizsäcker. Autrement dit: n’est information que ce qui génère de l’information. En effet, dans la mesure où les données sont “comprises”, elles sont d’abord assimilées aux structures mentales préexistantes et provoquent ensuite une accommodation de ces structures et par là la genèse de nouvelles structures. Pour que les données se muent en information, il doit donc y avoir chez le destinataire une structure mentale et cognitive susceptible d’interpréter et d’intégrer ces données.

Rappelez-vous ce qui se passe quand, dans le noyau d’une cellule des enzymes produisent une copie transposée en “ARN” d’une section du génome. Le message, “téléchargé” par des organelles spécialisées, les ribosomes, est traduit en une protéine, qui est très exactement le signifié du signifiant ARN. Si les ribosomes ne possédaient pas le code approprié pour lire l’ARN du noyau, ce dernier aurait beau envoyer des messages, il n’y aurait que des protéines totalement défectueuses, ou pas de protéines du tout. On semble supposer que les enfants possèdent de façon innée le code qui leur permettrait de faire leur miel des données électroniques. C’est une vue d’adultes qui ont oublié ce qu’il leur a fallu pour développer leurs structure cognitives. Avant qu’on puisse apprendre à quelqu’un à gérer leur savoir, il faut d’abord qu’il soit en mesure de le synthétiser!

L’information n’est pas téléchargée dans nos têtes comme sur un disque dur, c’est un processus où des excitations et des réentrances conduisent à des changements de la conductivité des réseaux neuronaux et donc du système en tant que tel. Ce ne sont pas seulement les données entrantes, mais aussi et surtout les structures préexistantes et les transformations qui s’y déroulent qui décident de ce que le réseau neuronal des enfants puise dans le réseau virtuel du Web. Et ceci dépend à son tour de leur stade évolutif et ressortit de la psychologie développementale et non des sciences économiques.

Il n’y a guère encore de recherches d’envergure sur les différences dans la genèse de l’information selon qu’il s’agit d’un apprentissage en face-à-face ou devant l’écran, en solitaire ou en groupes. Il n’y a guère de didactique globale cohérente de l’enseignement par ordinateur. Ce que nous savons, c’est qu’au-delà des présupposés génétiques, la faculté de communication s’acquiert exclusivement à travers des interactions personnelles, donc à l’aide du présentiel humain. Ainsi, l’acquisition de la langue s’appuie sur une multitude de canaux averbaux – régulation de la distance physique, attitude, mimique, tonus musculaire, rythme, timbre de la voix, odeur, température et humidité de la peau -, perçus avec une étonnante précision dès la naissance et qui jettent un pont vers la compréhension langagière. Wittgenstein a brillamment réfutée la thèse selon laquelle il suffirait de montrer des objets en les nommant pour enseigner une langue.

Toute forme de communication abstraite repose sur des modèles intériorisés de communication présentielle et serait impossible sans ces modèles. L’adjonction du son et de l’image, et pourquoi pas de gants tactiles dans les multimédias n’y change rien, car cela ne fait que singer le présentiel. Les médias abstraits acquièrent leur utilité au fur et à mesure que l’intériorisation du présentiel progresse. Si on recourt à ces médias trop tôt, trop massivement et surtout en lieu et place de la communication présentielle, il est hautement probable que l’on prépare le terrain à une infirmité communicative.

4 La déchéance du savoir

Ceux qui soutiennent que les connaissances transmises dans les écoles sont périmées se réclament de la thèse que les savoirs déchoient de plus en plus vite au fur et à mesure que l’évolution technologique s’accélère. Ils en concluent qu’il faut enseigner aux enfants les savoirs les plus récents. Et tel office fédéral d’en conclure qu’une initiation élémentaire des enfants au maniement des technologiques de l’information est la tâche nationale n° 1 pour les années à venir. Cela sonne fort bien, mais manque cruellement de logique.

Imaginez qu’un naufrage oblige un informaticien parisien à vivre pendant dix ans en Robinson Crusoe sur une île déserte (n’en déplaise à Vian, qui les a déclarées disparues). Il a pu sauver un ordinateur portable à cellules solaires, des traités de maths, quelques romans et un plan de Paris et il exerce quotidiennement ses connaissances. Après dix ans il est retrouvé et ramené à Paris. Que va-t-il se passer?

Son français n’a pas pris une ride. Quelques changements minimes ne l’empêchent pas de communiquer efficacement avec ses contemporains. Notre homme arrive toujours à s’orienter en ville de Paris, ses maths ne sentent nullement le moisi. Hélas, il n’en va pas de même en informatique. Il n’arrive même plus à manier des ordinateurs qui servent de jouets à des mômes de six ans. L’absence de clavier et de souris, les formes d’interaction par reconnaissance vocale, les systèmes de gestion – tout est nouveau pour lui. Il a plus de peine qu’un débutant, car il doit se restructurer mentalement. Ses chances d’exercer à nouveau son métier sont pratiquement nulles.

Ce que je veux dire par là, c’est que les techniques de maniement de l’ordinateur que vous enseignez aujourd’hui aux enfants seront périmées le jour où vos élèves accéderont à la vie professionnelle, alors que la plupart des choses que vous leur enseigniez jusqu’ici resteront parfaitement valables. Admirez les effets du hasard (si tant est que nos programmes scolaires soient dus au hasard): ce sont aussi les choses que les enfants apprennent le plus aisément. L’apprentissage de la langue commence à 1, 1_ an, et se poursuit à un rythme époustouflant, impossible à l’âge adulte. Les petits enfants n’ont aucune peine non plus à évoluer dans plus d’une langue. Cela est dû à la physiologie du cerveau en pleine croissance, et il conviendrait donc de placer l’essentiel de l’apprentissage des langues à cet âge-là au lieu d’attendre jusqu’à ce que les enfants aient autant de peine que les adultes.

On peut d’ailleurs se demander si beaucoup d’enfants n’apprennent pas le maniement de l’ordinateur plus facilement en dehors de l’école, puisque aussi bien cet appareil sera bientôt omniprésent et banal. L’enseignement scolaire risque, en le didactisant, de le rendre ennuyeux pour certains. Si la campagne actuelle ne visait qu’à augmenter les chances professionnelles des enfants en leur apprenant les techniques de l’information, elle serait d’avance destinée à l’échec, du fait qu’on enseigne les mauvaises choses au mauvais moment. Et s’il s’agit uniquement d’apprendre à taquiner un clavier et à télécharger quelques données, c’est une banalité dont il faudrait se garder de faire un objectif national.

Le principe doit être d’enseigner à chaque âge ce qui s’apprend le plus facilement à cet âge et qui reste valable le plus longtemps. Gageons que ce n’est pas Windows 95. Je considère aussi comme une faute grave l’idée de rogner sur la musique et la gymnastique pour faire place à “l’informatique”. Si l’on sait à quel point ces disciplines contribuent à la coordination et à l’harmonisation motrice et combien cette coordination est menacée par les conditions de vie urbaines, on se dit que certaines expériences sont irresponsables. Bref: mettons l’accent sur les savoirs spécialisés en fin de formation, et réglons l’échelonnement des savoirs d’après les sciences de l’éducation et non pas selon les sciences économiques.

5 La peur comme diagnostic ou comment s’en servir

Conquérir, rivaliser, arracher des marchés, dominer, organiser: À quoi riment ces comportements préconisés de nos jours, sinon à des schémas machistes? Ils font partie de la panoplie de celui qui gonfle ses pectoraux pour chasser la peur que lui inspire la forêt où il s’est égaré. Ceux qui claironnent que les enseignantes ont perdu le monopole du savoir, oublient d’ajouter que c’est le cas de toutes les professions sans exception. L’explosion et la fragmentation des savoirs ont fait naître un monde façonné par nous, mais devenu aussi insaisissable que l’était la nature pour nos ancêtres. À cette différence près qu’en dépit de catastrophes imprévisibles, la nature présente un rythme auquel la sélection nous a mieux adaptés qu’au galop effréné de l’évolution scientifique et technologique.

Nul n’est plus en mesure d’embrasser du regard notre monde. Les mots à l’emporte-pièce sont à la mesure de la confusion qui règne. “Branchez les écoles!” – bravo, mais encore? Ce n’est pas ce qui garantira des solutions raisonnables. Comment procéder dès lors? Eh ein, la même économie qui produit de slogans nous fournir aussi des modèles intéressants. Les grandes entreprises s’interrogent sur les solutions qu’il convient d’adopter en informatique pour les prochaines décennies. Oubliés les systèmes centralisés des années 70. On planifie des structures modulaires. Sont définies les tâches à résoudre et les équipes qui devrant s’y atteler en concevant des modules aux performances exactement définies. Libre aux spécialistes de définir le fonctionnement interne de leurs modules, pourvu qu’ils fassent ce qu’on leur demande.

Pour intégrer ces modules dans des fonctionnements plus complexes, on ne cherche pas une vue d’ensemble exhaustive, mais des règles de “comportement” et de “coopération”, si j’ose dire ainsi. Vous remarquerez sans doute l’analogie avec les communautés d’antan dans nos régions de montagne. Chacun opérait en quasi-autarcie dans son domaine, tout en sachant qu’il ne pouvait survivre sans l’aide de ses voisins dans les moments décisifs. On savait à quoi l’on pouvait s’attendre et quelles prestations on devait fournir soi-même. Ainsi, un bisse traversant les parcelles de nombreux propriétaires, il est évident que si un seul refuse de l’entretenir sur son lopin de terre, toute la pente se dessèche. Et si les villageois ne consentaient pas régulièrement des corvées communes pour entretenir les parties hautes du bisse, ils ne récolteraient bientôt plus rien.

Dans nos environnements hautement complexes, il faut donc définir des tâches précises et utiles et les attribuer aux membres de la communauté selon leurs capacités. Chacun se débrouillera comme il pourra dans son domaine, pourvu que les autres sachent ce qu’il peut leur fournir. En plus, des règles flexibles doivent garantir l’intégration des prestations pend au nez et nous devons aborder les problèmes avec souplesse, en nous servant des meilleurs outils disponibles.

Il est évident que dans ces conditions la tâche des dirigeants n’est pas de tout savoir et que la fonction dirigeante ne sera qu’une fonction parmi d’autres. Nécessaire, car on ne saurait tout régler par d’interminables palabres, mais n’ayant qu’un rôle complémentaire, elle doit fournir un apport défini, ne pas empiéter sur les autres domaines, mais s’efforcer au contraire de s’y mouler et de s’en inspirer. Pour nous autres enseignantes cela signifie que nous devons considérer nos élèves comme des centres de compétences dont nous avons besoin pour exercer notre fonction. Loin d’être utopique, cette démarche correspond au profil de personnalités dirigeantes qui réservent une large partie de leur temps à l’écoute de leur collaboratrices. On sait par de nombreuses recherches que c’est là un type de personnalité particulièrement efficace. Que nous soyons donc politiciennes, dirigeantes économiques, décideuses et faiseuses d’opinion, institutrices ou professeures universitaires, il faudra nous accoutumer à vivre dans des collectivités apprenantes flexibles, modulaires et solidaires aux règles clairement définies mais sujettes à une révision permanente.

J’ai esquissé par là un schéma susceptible de favoriser l’intégration des nouvelles technologies dans l’enseignement selon une approche non pas technologique, mais sociale.

6 Présuppositions à une didactique des nouveaux médias

Il semble bien que le corps enseignant soit moins familiarisé avec les nouveaux médias que ceux qui travaillent dans l’économie. Mais cela est en train de changer, et il ne faut pas non plus se laisser impressionner outre mesure. Dans l’économie, bien des usagers sont désarçonnées par le moindre dérangement et doivent recourir à des spécialistes à chaque changement de logiciel. Des managers, on dit malicieusement que leur savoir en informatique est déposé auprès de leurs secrétaires, ce qui n’est probablement pas toujours faux.

Tâchons de définir quel degré de connaissances et de savoir-faire toute enseignante devrait atteindre à terme. J’opterais quant à moi pour une “incompétence partielle avancée”,située à mi-chemin entre l’incompétence totale et la compétence partielle professionnelle, qui représente le plus haut degré possible. Au sommet, il y a les génies, qui maîtrisent plusieurs, sinon tous les domaines partiels. Ils ont une fâcheuse tendance (fâcheuse pour Bill Gates) à mettre gracieusement à la disposition du public leurs inventions, tels les pères de Linux, Perl et Java.

Pourquoi incompétence? Parce qu’il est hautement probable que le premier ado venu vous montrera des trucs que vous ne connaissez pas encore. Pourquoi avancée et partielle? Parce que vous devez être en mesure de montrer vous aussi à vos élèves des choses qu’elles ignoraient. “Quand j’ai un problème, je n’ai qu’à m’adresser à mes élèves pour qu’ils me dépannent” est une devise charmante, mais peu fiable. Il s’agit d’estimer si tel garçon en mal d’admiration ne fait que se gargariser de termes techniques ou s’il a vraiment quelque chose à proposer; de canaliser les efforts d’élèves ayant tendance à dominer les autres; d’être soi-même assez à l’aise pour ne pas se cramponner à des recettes qui étoufferaient les élèves. Et surtout, de veiller à ce que les matériels et les logiciels utilisés par vous et vos élèves restent en bon état de fonctionnement. C’est un défi majeur, et force est de constater que pas mal d’enseignants pratiquent à ce jour la tactique de la terre brûlée.

En discutant cartes sur table les limites des compétences des parties prenantes, vous jetez les bases d’une communauté solidaire, où chacun s’efforcera de résoudre de façon autonome les tâches qu’il est capable de résoudre, tout en respectant les règles indispensables pour l’intégration des éléments partiels. Je nommerai plus tard quelques-unes de ces tâches. Ce qui compte, c’est que le tout repose sur des accords raisonnés.

La technologie n’a qu’une fonction subalterne. Sauf à l’occasion de pannes graves, elle ne devrait jamais être au centre de l’intérêt. C’est ce qui caractérise un degré avancé. Les grands débutants se laissent facilement submerger par les problèmes techniques. Les néophytes, eux, sont d’autant plus gênés dans leurs fonctions pédagogiques qu’ils sont plus enthousiastes. Rivés à l’écran, ils jouissent naïvement de leurs succès et n’ont plus d’attention libre pour les enfants.

Ce qui peut nous motiver à long terme, ce n’est ni l’enthousiasme pour une méthode ou une technologie, ni la fascination des contenus que nous enseignons, mais le fait que notre profession comporte un contact incessant avec les jeunes, avec la richesse imprévisible de leurs caractères et de leurs comportements, et que ce défi qui nous oblige à rester souples et dynamiques. Nous avons une profession relationnelle par excellence. Veillons à ce que nous ne devenions pas des Terminators de l’écran.

Il ne faut pas se faire d’illusions: l’informatique ne facilite nullement notre tâche. Elle fait monter les enchères et demande des efforts supplémentaires si l’on veut se donner les moyens d’user de la technologie de façon naturelle, sans prétendre au rang de spécialiste (qui nous est généralement interdit vu la quantité de travail que demande notre métier). Cela s’ajoute au classes multiculturelles, au nombre croissant d’enfants difficiles, aux fonctions administratives, aux évaluations et j’en passe. Notre profession est de celles où le temps de travail augmente allègrement. Si nous continuons d’assumer et d’assurer, c’est par responsabilité envers les enfants. Ils grandissent dans un monde où l’ordinateur est un objet familier, quelque chose qui va de soi. Dans ce monde, nous aussi devons être à même d’évoluer avec naturel et d’allier souplesse et esprit critique.

7 Comportements adolescents en informatique

Quand on parle projets en informatique, beaucoup de gens pensent automatiquement à la création d’un site. C’est un produit tangible qu’on peut montrer et qui flatte les besoins d’identité des participants. Mais à elle seule, la création d’un site ou d’autres projets majeurs sur Internet se prêtent mal à structurer l’enseignement quotidien, où nous attendent des tâches autrement plus urgentes au niveau des comportements.

Observez les jeunes devant l’ordinateur, vous serez frappés par le fait – confirmé par des recherches récentes – que les rôles sexuels apparaissent exacerbés. L’écran affiche ce qu’on fait et lui donne un statut public. Bien des garçons l’utilisent comme les jeunes chimpanzés observés par Jane Goodall à proximité de sa station utilisaient des jerricans vides: celui qui produit le plus de bruit (traduisons: les effets les plus voyants), s’assure par là l’attention admirative de la horde, y compris celle des vénérables vieillards (les maîtres). Cela caractérise les jeunes mâles, alors que les guenons se contentent d’admirer timidement les exploits de leur camarades d’âge. Les 98% de substance génétique commune à l’homme et au chimpanzé assureraient-ils la continuité de certains comportements?

En moyenne, les garçons aiment davantage le risque. L’excédent de garçons que l’on constate à la naissance disparaît après quelques années à cause du plus grand nombre d’accidentés. Ils préfèrent des mouvements plus rudes, rivalisent plus ouvertement que les filles et forment des hiérarchies plus stables. Ils se montrent plus souvent vantards ou menaçants, ce qui a parfois l’avantage de dissuader les rivaux sans qu’il soit besoin d’engager la lutte. Pour beaucoup, toutefois, une certaine destructivité est une source de plaisir.

En informatique on connaît les hacker, dont le délice consiste à déjouer les systèmes de sécurité en introduisant des virus ou en modifiant des fichiers pour entraver le fonctionnement des appareil, voire à déconnecter des ordinateurs pour paralyser le réseau. Le triomphe des triomphes étant de décrypter le code de l’administrateur pour aller batifoler sur son disque dur. Des ébats mineurs consistent à enregistrer des fichiers aux noms expressifs tels que Trouduc, Enculé, Merdeux ou à envoyer de l’extérieur des messages branchés aux filles qui travaillent dans la salle d’informatique. Il n’est pas rare que de petits machos parviennent à insécuriser leurs camarades de classe voire les enseignantes, à leur donner un sentiment d’incompétence, à les distraire ou à les provoquer. Par là, il se procurent un niveau d’excitation satisfaisant et poursuivent un apprentissage très différent de ce qu’imaginait le vertueux plan d’études.

Les filles ont plutôt tendance à soigner l’ordinateur. Elle sont soucieuses de ne rien abîmer; alors que les garçons peuvent jouir d’une panne qu’ils ont provoqué, les filles ont tendance à s’imputer leurs échecs et à attribuer les succès au hasard – comportement largement documenté par la recherche. Elles cherchent – selon leur typologie personnelle – à sentir ou à penser avec les appareils et les logiciels et hésitent à aller de l’avant tant qu’elles ne sont pas sûres de leur affaire. Cela peut retarder leurs réactions et faire d’elle en apparence – je dis bien: en apparence – des apprenantes plus maladroites. En réalité, étant plus soigneuses et plus précises, elles peuvent avoir à long terme plus de succès que maint garçon qui se satisfait d’effets superficiels.

Comme toujours en statistique, on peut citer d’innombrables exemples contraires: “Je connais une famille avec trois filles qui sont toutes des accrocs de l’ordinateur.” Accordé. Mais les comportements moyens du grand nombre nous fournissent les paramètres de la planification didactique. Les comportements imprévisibles des individus par contre sont les indicateurs qui permettent de naviguer à vue. Il serait absurde de négliger la météo parce qu’elle ne prédit pas chaque vague. Demandons-nous quelle didactique s’impose au vu des comportements moyens. Pour ce qui est de la navigation, vous êtes seules maîtresses à bord.

8 Didactique sociale des TIC

L’essentiel, c’est que l’informatique soit au service de la socialisation et de la genèse de l’identité des élèves. C’est le but premier, qui restera le plus longtemps valable. Les mesures répressives étant rarement utiles, il convient d’en user avec de retenue. Offrons plutôt aux filles et aux garçons des objectifs sociaux constructifs et séduisants, qui convertissent d’éventuelles pulsions destructives en une saine affirmation de soi. On peut envisager des méthodes telles que le tutorat: Les élèves doués en informatique (ou se considérant tels) devront prouver leur talent en communiquant à d’autres non seulement leur savoir-faire mais aussi leur plaisir. Peu importe si les connaissances transmises ne sont pas au-delà de tout soupçon, pourvu que les groupes travaillent de façon autonome pendant un certain temps. Évitez de devoir jouer aux pompiers, ce qui vous obligerait à restreindre votre champ attentionnel aux écrans, aux claviers et aux souris au lieu de pouvoir observer les visages, les comportements et les interactions. Les élèves doivent apprendre à gérer la convivialité. La synthèse et la gestion de l’information viendront se greffer là-dessus.

Offrez des activités gratifiantes sur le plan affectif. Le petit macho qui réussirait à encourager et à instruire sa camarade à tel point qu’elle le dépasserait un jour, devrait être célébré en héros par toute l’école. Rien de meilleur pour apprendre à fond une discipline que de l’enseigner. Cela oblige au moins à réfléchir et à formuler avec justesse.

Sachons détecter et intégrer les talents les plus divers. Notre priorité doit être d’amener tout le monde à un niveau satisfaisant pour les élèves, non par un enseignement centralisé, mais par une interaction multiple. Pour les petits étalons qui ruent dans les brancards, ce ne sont par les tâches qui manquent. La plus urgente est d’assurer le bon fonctionnement des installations. Aucune usagère ne peut se dire compétente dans la vie professionnelle, si elle ne tient compte des normes de sécurité: garantir les données, prévenir les intrusions, respecter les impératifs du réseau, etc. Utiliser son ordinateur tout en négligeant totalement les problèmes de sécurité est une attitude irresponsable, bien des entreprises s’en sont aperçues à leurs dépens. Il y a là un apprentissage à faire qui consiste plus en une série d’attitudes qu’en détails technologiques, lesquels changent fréquemment.

Comment jugeriez-vous une automobiliste qui pendant 70’000 km ne contrôlerait ni le moteur, ni les freins, ni les pneus, ne changerait jamais l’huile et conspuerait ensuite le gendarme qui lui retire son permis de conduire? À un prof responsable du réseau qui se plaignait d’avoir dû faire une centaine d’heures de travail supplémentaire non rémunéré à cause de quelques élèves malveillants, j’ai entendu un hurluberlu de 16 ans répondre cyniquement: “Le mec qui accepte d’administrer un réseau scolaire doit savoir ce qui lui pend au nez.” Si vous ne réussissez pas à socialiser la responsabilité, vous provoquez des attitudes de ce genre, non seulement chez les élèves, mais aussi chez une partie des collègues.

Les entreprises engagent d’anciens hacker comme conseillers de sécurité. Prenons-en de la graine. Nos jeunes hacker peuvent parfaitement nous aider à élaborer un plan de sécurité qui sera ensuite discuté en classe. Cela devrait être une routine bien rôdée de contrôler tous les appareils après leur utilisation. Dans les écoles où règne encore peu de discipline informatique, il est conseillé d’en user de même avant la mise en marche. Pour les hacker cela devrait être un honneur d’exercer la surveillance de concert avec l’enseignante. Loin d’être un sujet de dépit, les pannes devraient être une manne pour l’enseignement. Mais si on n’arrive pas à les résoudre, on peut développer en commun des comportements intelligents, ce qui est beaucoup plus utile. Laissons le reste au techniciens.

Élaborez avec vos classes un code de comportement pour l’utilisation des ordinateurs. Créez des services dont profiter toute l’école: calendrier des manifestations; travaux de rattrapage pour ceux qui ont été malades; offres et recherches d’aide, adresses utiles, conseils, textes et schémas faciles à rédiger en HTML et à visionner dans le navigateur.

Tout logiciel ou CD utilisé pour l’enseignement collectif ou individuel devrait être évalué par les élèves: utilité, difficulté, ergonomie, adaptation aux besoins des élèves, qualité de l’aide en ligne; au besoin conseils et explications, dangers de blocage, trucs susceptibles de faciliter l’emploi. Les résultats seront publiés sur le réseau. Avant de vous lancer dans des projets compliqués sur l’Internet, vous pouvez ainsi cultiver sur l’intranet des comportements qui feront plus tard partie du répertoire quotidien de vos élèves.

Je dois me contenter d’allusions, mais vous avez compris le message: L’introduction des TIC à l’école sera sociale ou ne sera pas, même là où ils sont employés pour l’apprentissage individuel. Les détails techniques n’intéresseront la majorité des élèves que dans la mesure où ils seront liés à des buts valorisants. À nous de faire en sorte que ces buts soient socialement constructifs. Les techniques, les matériels et les logiciels changeront des centaines de fois durant la carrière de vos élèves. Si le présentiel que vous assurez est valorisant, tous sauront maîtriser ces changements et développer des comportements qui, eux, resteront valables pendant toute leur formation et leur carrière professionnelle.

9 Éthique sociale des nouveaux médias

La réflexion éthique est plus présente dans les écoles que dans la vie économique. C’est une dimension inéluctable de l’éducation. Or, qu’en est-il du danger que sur l’Internet les enfants soient victimes de machinations criminelles? Pour les industriels, le problème est simple, on vend aux parents des technologies qui sont censées protéger les enfants contre les contenus indésirables. Dès lors on peut les abandonner à eux-mêmes devant l’écran avec la meilleure conscience du monde. Malheureusement, ces dispositifs sont des attrape-nigauds. Question à 100 francs: Qui a mis en ligne ces derniers temps les descriptions pornographiques les plus prolixes et les plus détaillées, obligeant des millions d’enfants dans les classes américaines à discuter des pratiques sexuelles plus ou moins perverses? Gagné! La chambre des représentants! Et le fournisseur de contenus, c’était ce président qui quelques mois auparavant avait déclaré que la meilleure façon de résoudre les problèmes des écoles américaines, c’était de les brancher toutes sans exception sur l’Internet.

Qui publie, toujours sur le Web, les images les plus affreuses des mutilations, tortures et viols, images que même les chaînes TV commerciales n’osent montrer à leurs spectateurs? Des agences albanaises et serbes désireuses de prouver l’inhumanité de leurs adversaires réciproques. Qui entretient des sites professionnels, qui vous permettent de verser des dons, de vous inscrire comme membre et de vous procurer du matériel de propagande? Les mouvements de rebelles africains, y compris ceux qui déclarent obligatoire un bric-à-brac de croyances magiques, tuent et mutilent systématiquement femmes et enfants et enrôlent des garçons de 12 ans qu’ils amènent à coup de trique et de drogues à devenir des tueurs professionnels? Et où trouve-t-on leur adresses? Montrez à vos classes que la presse mondiale est présente sur le Web dans une multitude de langues, ils trouveront – dans la langue désirée – des reportages qui fournissent les adresses en question.

La “protection des enfants” est devenue une illusion des âmes pieuses. Faites-vous une raison: dès lors qu’un bambin est capable de lancer le navigateur et de cliquer sur un lien (il y a des mômes de trois ans qui s’en sorten parfaitement), il est livré à toutes les images de notre monde. Ce ne sont pas tellement les horreurs que nous devons redouter, mais plutôt le fait, caractéristique de notre civilisation actuelle, que toute conviction et son contraire, toutes les morales et immorales s’imbriquent sur un pied d’égalité dans le réseau purement associatif de la technologie. Les nouvelles technologies de l’information ne connaissent aucune hiérarchie des valeurs, et ne tiennent donc nullement compte des besoins des enfants. Elles reflètent une globalisation sauvage où chacun suit exclusivement ses propres intérêts ou ceux de son petit groupe. Ce ne sont pas des moyens technologiques qui peuvent résoudre le problème, car la technologie est par essence amorale.

Dans une période de leur vie où les jeunes se détachent se forgent une nouvelle identité, et sont donc particulièrement vulnérables, on ne saurait les abandonner à eux-mêmes avec quelques recettes technologiques trois slogans moralisateurs. Le heurt des civilisations dans nos classes exige d’ores et déjà une médiation systématique. Élargissons la discussion aux nouveaux médias, pour apprendre à coexister avec des convictions opposées, à les respecter sans abandonner les nôtres, mais aussi à faire évoluer nos idées grâce au contact avec d’autres points de vue. Nous devons amener les enfants à la fois à une autonomie éthique et à la solidarité avec ce monde. St. Gall a montré à quel point cette pratique peut être douloureuse.

10 Schola vitae, non vita scholae

Loin de nous ramener à une tour d’ivoire, ces principes sont conformes aux critères utilisés par de grandes entreprises suisse pour évaluer les cadres et décider de leur avancement. Bien plus que des connaissances — que l’on présuppose, bien entendu — ce sont des comportements que l’on exige. Ce qui confirme la thèse: l’enseignement des TIC à l’école sera social et comportemental ou ne sera pas. A nous d’acquérir le savoir-faire nécessaire pour être entièrement à notre rôle de pédagogues, et non pas de techniciennes.

Zurich, 19 mars 1999 / Erwin Bernhard

Note 1:

Pour entrer dans les détails, voici une petite liste de ce qui me semble nécessaire en cette année 1999:

– savoir utiliser avec aisance un système de traitement de texte

– savoir utiliser un éditeur HTML pour créer des pages destinées à être visionnées dans un navigateur

– si on est une inconditionnelle du PC, savoir se débrouiller tant bien que mal sur un Mac et vice-versa

– savoir accéder au réseau scolaire

– savoir accéder à l’Internet, soit à domicile si on est équipé, soit sur le réseau scolaire.

– savoir envoyer et recevoir des courriels (e-mail)

– savoir utiliser (et utiliser régulièrement) les logiciels antiviraux et les mises à jour de ces logiciels

– connaître et pratiquer régulièrement la technique du back-up

– savoir distinguer les types fondamentaux de fichiers: pur texte, texte formaté, images, html, formats d’échange (par exemple rtf = rich text format) pour permettre les échanges entre usagers de systèmes différents.

– développer des comportements intelligents en cas de panne (noter les messages d’erreur, la façon dont la panne s’est déclenchée, savoir la décrire avec précision, etc.).

– avoir une connaissance rudimentaire de l’ordinateur ( p. ex. mémoire vive et ROM, disque dur).

– être capable de tenir à jour ses connaissances et de s’adapter à de nouveaux matériels et logiciels.

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Technologie d’aide : Comment scanner rapidement un document à l’aide de l’iPad ?

Si vous n’avez pas pu créer le document pour votre élève en amont, nous vous proposons une application intéressante qui vous permet de scanner rapidement un document et même de le lire avec la synthèse vocale. Ceci dans les cas où l’élève n’a pas besoin d’annoter, mais juste de lire un texte ou une consigne.

Il s’agit de l’application Voice Dream Scanner.

Attention, cependant, c’est une solution de secours qui n’est pas toujours facile à utiliser, en fonction de la luminosité de la classe ou de l’endroit où vous vous trouvez, de la qualité du document scanné, etc.

 

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Technologie d’aide : Quelles aides à l’écriture peut-on avoir ?

Votre élève a pu lire la consigne et/ou le texte et il va pouvoir maintenant annoter son document pour faire le travail demandé. Pour aider à l’annotation, nous avons la dictée vocale, mais aussi d’autres programmes.

Voici les formations et tutoriels que nous vous proposons : appuyez sur votre outil en fonction de vos besoins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Formation iPad :

 

 

 

 

Formation ordi :

 

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Technologie d’aide : Comment dicter une phrase à l’ordinateur ou à la tablette ?

Regardez la vidéo pour activer et utiliser la dictée vocale, en fonction de votre outil :

Capture d'écran de la dictée vocale sur un ordinateur macLa dictée vocale peut aider l’élève à annoter son document pdf. Il dit une phrase à l’ordinateur ou à la tablette et celle-ci s’écrit à l’écran. L’élève n’a pas besoin d’écrire à la main, ni au clavier.

 

 

Sur l’iPad:

 

Cet extrait vidéo est tiré de la formation en ligne “technologie d’aide iPad” proposée par la cellCIPS (vidéo en entier).

 

 

Sur l’ordinateur:

 

 

La vidéo pour la dictée vocale ordi sera postée prochainement, merci de votre patience!

 

Vous trouverez des tutoriels plus complets sur cette page.

 

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Technologie d’aide : Comment lire un texte ou une consigne ?

Regardez la vidéo pour activer et utiliser la synthèse vocale, en fonction de votre outil :

Plus bas, vous trouverez un résumé écrit avec des liens.

 

Sur l’iPad :

Cet extrait vidéo est tiré de la formation en ligne “technologie d’aide iPad” proposée par la cellCIPS (vidéo en entier).

 

Sur l’ordinateur  :

Tutoriels ordinateurLa vidéo pour la synthèse vocale ordi sera postée prochainement, merci de votre patience!

 

Logo de la synthèse vocale sur Mac OS (=Parole)Vous avez créé votre document PDF Texte et vous l’avez transmis à votre élève. Il peut maintenant travailler sur sa tablette ou son ordinateur. Tout d’abord, il faut qu’il puisse lire la consigne ou le texte. Nous utilisons pour cela la synthèse vocale de l’ordinateur ou de l’application. Cet outil est disponible sur les deux appareils.

Pour utiliser la synthèse vocale, il faut d’abord l’activer : synthèse vocale.

 

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Technologie d’aide : Comment transmettre un document à l’élève ?

Rappel: quand l’élève utilise un moyen numérique, nous travaillons avec le format PDF texte. Pour plus d’informations, allez voir sur cette page.

Regardez cette courte vidéo au sujet de la transmission des documents.

Plus bas, vous trouverez un résumé écrit, des astuces et d’autres liens intéressants.

Cet extrait vidéo est tiré de la formation en ligne “technologie d’aide iPad” proposée par la cellCIPS (vidéo en entier).

 

Une fois votre document créé et/ou transformé en PDF Texte, il faut le transmettre à l’élève pour qu’il l’annote.

Pour cela, nous avons différentes possibilités de “nuages” ou moyens de transmission : Dropbox, Apple School, iCloud, Air Drop, Clé USB, etc.

L’important est de choisir un moyen de transmission ergonomique, facile à utiliser pour l’élève et pour l’enseignant. Il doit être accessible depuis l’école, mais aussi depuis d’autres lieux. Il doit aussi pouvoir être partagé avec des personnes extérieures à l’école (thérapeutes, famille, etc.).

Tout cela est discuté au premier réseau en fonction de la situation technique, des besoins de l’élève et des possibilités de l’école.

Voici un tutoriel pour envoyer le document sur l’iPad ou l’ordinateur Mac de l’élève : utiliser AirDrop

 

 

Parfois, on souhaite transmettre seulement une ou plusieurs pages précise(s) d’un long document PDF (comme une brochure) avec l’élève: exporter une/des page/s d’un pdf.

 

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Quel document utiliser dans la technologie d’aide ?

Regardez cette courte vidéo au sujet des documents en format pdf.

Plus bas, vous trouverez un résumé écrit, des astuces et d’autres liens intéressants.

Cet extrait vidéo est tiré de la formation en ligne “technologie d’aide iPad” proposée par la cellCIPS (vidéo en entier).

 

Pour que l’élève puisse annoter ses documents, nous utilisons le format PDF Texte. Avec ce format, on n’a pas de problème de version des programmes et l’élève peut se faire lire la consigne.

Voici comment savoir si notre PDF est un PDF texte ou un PDF image :

Si vous pouvez sélectionner du texte, comme à droite ci-dessous, le document est un PDF Texte. Si lorsque vous cliquez sur le texte le document est sélectionné en entier, comme à gauche ci-dessous, votre document est un PDF image, l’ordinateur le considère comme une photo et cela n’est pas utilisable pour la technologie d’aide.

 

 

 

 

 

 

Lorsque le PDF n’est pas un PDF Texte, on peut effectuer une transformation OCR (optical caracter recognition) avec le programme PDF Pen par exemple, pour avoir du PDF Texte. Voici un tutoriel pour cela : transformer un PDF image.

Les PDF que l’on crée depuis un document dans un programme comme Pages ou Word, sont des PDF Texte. Les PDF du matériel scolaire des cantons romands (MER), qu’on trouve sur le site du PER sont des PDF texte. Voici un tutoriel vidéo qui vous montre comment télécharger ces MER (moyens d’enseignement romands).

On peut également préparer une brochure pour qu’elle soit plus accessible pour l’élève, en sélectionnant uniquement les pages nécessaires. Voici comment faire : extraire les pages d’une brochure.

 

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Nettoyage de vos tablettes et ordinateurs

 

La période très spéciale que nous vivons en ce printemps 2020 avec le CORONA virus, nous oblige à prendre plus de précautions au niveau du nettoyage de nos outils numériques, avant et après l’utilisation avec nos élèves. Voici quelques indications pour le faire.

 

 

Pour nettoyer vos appareils, utiliser une solution alcoolisée à 70 degrés pour éliminer le virus, sans javel ! Appliquer la solution sur un chiffon doux et nettoyer l’ordinateur hors tension et éteint et la tablette en veille.

Il est important de ne pas utiliser de gel hydroalcoolique qui laisserai une pellicule grasse sur votre appareil.

Il faut également éviter d’utiliser du papier ménage qui risquerai d’être abrasif et de rayer vos appareils.

Voici une petite vidéo publiée par le DFJC pour expliquer comment nettoyer vos outils.

Nettoyage ordinateur.

Nettoyage ordinateur portable.

Nettoyage tablette.

Nettoyage Thymio.

Voici les recommandations d’Apple pour cela : nettoyer vos appareils.

 

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Bonnes pratiques : l’accessibilité pour tous

 

 

L’ère du numérique: un outil pour soutenir les élèves ET les enseignants ! Mais comment construire des documents numériques

  • simples dans la création ?
  • durables et réutilisables ?
  • accessibles à tout élève ?
  • et surtout aux différentes fonctionnalités d’accessibilité (synthèse vocale…) ?

Voici un bref récapitulatif de bonnes pratiques, habitudes à prendre pour créer des documents plus accessibles.

Vous y trouvez aussi des liens vers le téléchargement des polices, mais aussi de tutoriels pour essayer de développer ces petites compétences !

Des pratiques simples, mais répondantes à un plus large public et qui apportent aussi des avantages pour les profs !

Intéressez ? Continuez la lecture (téléchargement du PDF)!

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